
Messa, c'est bien plus que du doom ; c'est un rituel. Le quatuor italien invoque un paysage sonore où le jazz occulte se fond dans un doom metal écrasant, tissant une tapisserie sonore à la fois terrifiante et magnifique. Émergent de Vénétie, en Italie, le premier album éponyme de Messa laissait entrevoir leur potentiel, mais c'est "Belfry" (2016) qui a véritablement annoncé leur arrivée. Le mélange de la voix envoûtante, presque opératique, de Sara Bianchin avec le jeu de guitare planant d'Alberto Piccolo, les lignes de basse délibérées de Marco Zanin et le jeu de batterie puissant de Rocco Toaldo a mis en valeur un groupe qui n'a pas peur d'explorer les recoins les plus sombres de l'expérience humaine. Influencé par des groupes comme Electric Wizard, Bohren & der Club of Gore, et même Dead Can Dance, Messa transcende les limitations de genre. Leurs compositions présentent souvent des changements soudains de tempo et de dynamique, tissant des récits complexes qui évoquent des sentiments de crainte, de nostalgie et de transcendance éthérée. "Feast for Water" (2018) a consolidé leur réputation d'innovateurs, récoltant les éloges de la critique pour son ambition et son exécution magistrale. La force de Messa réside dans sa capacité à créer une atmosphère. Ils ne se contentent pas de jouer de la musique ; ils construisent un monde. Leurs performances en direct sont des expériences immersives, renforçant encore leur statut de l'une des voix les plus passionnantes et uniques du metal moderne. Leur dernier album, "Close" (2022), continue de repousser les limites, mettant en valeur leur son en évolution et cimentant leur place en tant qu'architectes de paysages sonores à la fois troublants et profondément captivants.