Aime Simone ne se contente pas de chanter, elle exorcise. Cette artiste basée à Berlin invoque un paysage sonore à la fois désolé et décadent, où la rugosité industrielle se frotte aux voix éthérées. Sa musique, un cocktail puissant de darkwave, de textures électroniques et de sensibilités art-pop, doit autant à Bauhaus qu'à Björk, créant un son qui lui est propre. Le parcours de Simone, d'une vie empreinte de tragédie personnelle à une libération artistique, a été crucial. Son premier album, "Say Yes, Say Violence", sorti en 2020, était une déclaration brute et confessionnelle qui a profondément résonné, l'établissant comme une force avec laquelle il faut compter. Les collaborations avec des artistes comme Sonja Fix ont encore renforcé sa position de figure clé de la scène underground berlinoise. Ses œuvres récentes, notamment son deuxième album "Stranger Familiar", témoignent d'une exploration sonore continue, élargissant sa palette avec des arrangements nuancés et des mélodies envoûtantes. Aime Simone est plus qu'une musicienne ; elle est une architecte sonore construisant des cathédrales de son à partir des ruines de l'expérience. Sa musique reste un document essentiel de résilience et un témoignage de la puissance de l'art comme catharsis.